KO … Québec !

Catégorie À voir, Bouger, Style de vie à Québec Date 28/11/2019

Écrit parFamille Potier

Quand on veut vraiment appréhender la vie sportive à Québec, il existe un passage obligé… la patinoire !

Nous voilà donc partis pour une partie de hockey sur glace avec des collègues de travail. Pour ce premier contact, on est 5.

titihockey

Pour l’équipement, un passage au Village des valeurs permet de se procurer une paire de patins pour 10 $.  Le bâton est fourni par un collègue québécois et l’habillement composé de bric et de broc empruntés aux autres sports d’hiver ! Un jeune local venu pratiquer s’intègre au groupe.  La partie patinage n’est pas trop compliquée. Là ou cela devient difficile, c’est quand il faut tenter de suivre la puck, la rattraper et la frapper ! Le jeune se joue de nous. Gentiment, il fait trois fois le tour de la patinoire pour nous donner une chance d’intercepter cette maudite rondelle avant de la glisser délicatement dans le but ! Première soirée concluante, on ressort un peu fourbu (nombreuses chutes) mais content !

La semaine suivante, il est décidé de remettre ça ! Cette fois-ci nous sommes une dizaine et Andriy mon beau-fils s’est joint à nous. Un peu de pratique de manipulation de bâton et de frappe du palet et la partie commence. Au bout de vingt minutes alors que je suis enfin en mesure d’attraper la rondelle, Andriy s’approche pour me la disputer, je perds l’équilibre vers l’arrière et dans un sursaut pour ne pas tomber je projette le corps vers l’avant… erreur ! Le menton atterrit  sur la glace… extinction des feux  ! Je viens de prendre un méchant uppercut ! Le menton est légèrement ouvert. Je retrouve lentement mes esprits, je me relève et je vais au vestiaire pour poser un sparadrap sur la blessure. La partie a repris. Je reviens après une bonne dizaine de minutes et rentre à nouveau sur la glace (lentement) ! Je viens à peine de recommencer à patiner quand je vois un collègue s’élancer pour infliger un tacle assassin à un autre collègue… mais on n’est pas au soccer ! En fait débutant, il n’a pas réussi à dévier sa trajectoire et à fauché son voisin de bureau. Sur le coup on rigole ! Mais après quelques instants, il faut se rendre à l’évidence et appeler les secours. Au bout de 15 minutes, arrivée de l’ambulance direction les urgences… 2 mois d’arrêt pour une grave blessure à la cheville. Le collègue est brésilien et c’était sa première fois sur la glace ! Fin de l’expérience hockey sur glace !

 

hockeycosom

 

Deux ans plus tard alors que j’ai changé de travail, une petite annonce dans le bureau propose de participer à une ligue de hockey Cosom. Quoi t-est-ce que cette étrange affaire ?

En fait, il s’agit de hockey sur glace… sans glace et sans patin ! Plus concrètement, c’est la transposition en salle du hockey sur glace. L’aire de jeu est délimitée par les murs de la salle. La glace est remplacée par un sol de gymnase, les patins par des baskets (football en salle). Le bout du bâton est en plastique et la puck est une balle percée remplie de tissu. Comme c’est une ligue récréative pas de contact (mise en échec), pas de frappe de balle ni de lancé aérien (pour éviter les coups de crosse).  La ligue est composée de 22 joueurs réguliers. On joue le vendredi entre 12h et 13h. Les équipes sont composées à la volée à chaque séance en fonction des présences. Le jeu se déroule avec des équipes de 4 joueurs sur le champ plus le gardien. Dernière précision, l’activité est mixte. 

Ma première séance est difficile. Le rythme est assez élevé. Essayez de courir penché en avant tout le temps avec un bâton dans les mains en essayant de suivre une balle qui se promène aux quatre coins de la salle comme une boule dans un flipper ! Ce jour là, il y a 3 remplaçants plus moi. Les changements se font toutes les 2-3 minutes. Je passe régulièrement mon tour ! Cela me permet de récupérer mon souffle mais aussi d’observer le jeu et de comprendre son fonctionnement. Je retourne au travail fatigué mais enthousiaste après cette première !

Après trois séances, je commence à trouver mon rythme. J’arrive de temps en temps à toucher la puck mais on n’en est pas encore à la conduite en courant ! Je réussi à marquer mon premier but. Sur un tir de loin, le gardien a bloqué la balle mais elle retombe derrière sa jambière quasiment sur la ligne de but. Le temps qu’il la retrouve des yeux, je la pousse avec mon bâton ! Ce n’est pas spectaculaire mais cela compte comme les autres !

Après une dizaine de séances, je suis enfin capable de conduire le palet face à une opposition. Par contre, les passes sont encore assez approximatives et souvent pas assez fortes donc facilement interceptées. Petite anecdote. Il faut d’abord planter le décors. C’est un petit gymnase rectangulaire avec de chaque côté des jambes de force qui dépassent du mur. La balle vient de se bloquer au pied du mur. Je me précipite penché en avant sur mon bâton, je prend le contrôle du palet, je me retourne en me redressant pour repartir sur le champ de jeu… direct du droit dans le front, je tombe en arrière KO ! Je viens de heurter le poteau qui dépasse en pente et heureusement il est habillé de plaque de plâtre ce qui a amorti le choc ! La séance est terminée ! Mais j’ai la tête dure et je reviendrai la semaine suivante !

Dernière séance de la session. Le jeu va bientôt se terminer. L’équipe adverse domine et assaille notre but. Soudain la balle gicle de la mêlée et va vers le milieu du terrain là où je me trouve. J’arrive à la contrôler et je me retourne pour démarrer vers le but adverse. J’entends un partenaire qui me dit « tire » ! Je fais trois pas et j’enclenche le mouvement du lancé. Instant magique… sans l’avoir vraiment voulu le geste est parfait ! La balle part au ras du sol et va se loger au pied du poteau opposé et remonte dans les filets ! Le gardien n’a pas bougé ! Cela ne se reproduira plus !  

 gardienhockey

Je vais participer à 3 sessions à raison de 15 séances par session. En début de session, il y a 2 gardiens de but volontaires. Au cours de la période, il arrive que l’un des gardiens (voir les 2) soit absent, travail oblige. A ce moment là, il faut qu’un des joueurs de champ se dévoue pour assurer l’intérim. Tacitement, c’est à chacun son tour par ordre d’ancienneté. Je me propose, ce qui fait un heureux qui peut ainsi passer son tour ! L’expérience est très plaisante même si elle est vraiment compliquée… cette maudite balle va vraiment vite et est difficile à suivre !

Lors de la deuxième session, les absences de gardiens sont de plus en plus fréquentes. Je me propose donc comme gardien suppléant. Je soulage quelques joueurs ! Il y a des jours avec et des jours sans. Ma façon de faire n’est pas toujours très orthodoxe (ni même catholique) mais je ne me débrouille pas si mal ! Pour expliquer la chose, il faut savoir que le premier sport que j’ai pratiqué étant jeune était le football (soccer).  Après avoir fait le tour de tous les postes sur le terrain, il a fallu se rendre à l’évidence… avec mes pieds carrés, la seule solution pour continuer était de devenir gardien de but (on utilise plus souvent les mains) ! Et j’aimais bien cette idée de dernier rempart, sauveur de l’équipe ! Après 2 saisons… je suis passé au Volleyball (cela fait 43 ans) !

Pour la troisième et dernière session, je suis devenu gardien titulaire. Dommage que cela se soit arrêté, j’y avais vraiment pris goût ! Je commençais même à maîtriser l’utilisation du bâton dans cet exercice particulier. Pour les arrêts sur les tirs de loin, pour moi c’est plutôt un handicap de l’avoir dans la main. Mais lorsque la balle passe à proximité, c’est indispensable pour la repousser ! De plus, l’équipement ne facilite pas la tâche ! On est engoncé dans les protections mais elles sont nécessaires… même en plastique mou avec du tissu l’impact de la balle laisse des traces rondes sur les bras (même à travers le sweat à manches longues) ! Enfin, le casque est essentiel pour protéger de la balle mais aussi des coups de bâton accidentels, mais il a un inconvénient… on transpire beaucoup dessous et les angles de vision sont réduits ! Il arrive souvent qu’on perde de vue la balle surtout après un arrêt. Le pire étant quand elle glisse derrière les jambières et qu’en faisant un mouvement le pied pousse la balle dans le but !