Arrête ton char … on est à Québec !

Catégorie Style de vie à Québec Date 13/11/2014

Écrit parFamille Potier

IMAG0284

       

Petit article qui vient en complément de celui d’Isabelle notre collègue sur la voiture à Québec.

Notre approche concernant un véhicule a été un peu différente. Limités financièrement nous avions décidé de ne pas acheter de voiture dans un premier temps, les déplacements en bus ou métro-bus étant suffisants. De plus il y avait la location à des tarifs très avantageux en fin de semaine (9,95 $ la journée). Il y a aussi « Communauto » (partage automobile) mais il faut avoir un an de présence à Québec.

Puis est venu le temps des activités comme le kayak. Contrairement à la France ou le club fournissait le bateau et le moyen de transport, il a fallu acheter nos embarcations et trouver un véhicule susceptible de les transporter … Notre choix s’est donc porté sur un « monospace » d’occasion pouvant loger deux kayak et l’équipement qui va avec.

L’achat

Un rapide parcours des petites annonces et une alerte posée sur les modèles sélectionnés … une journée et nous trouvions notre auto ! Celle de la photo pour 1100 $. Pour les démarches d’immatriculation voir l’article ici. Comme l’a indiqué Isabelle, inutile de vous rendre dans une concession sans avoir l’argent disponible, il ne vous sera fait aucun prêt votre historique de crédit étant inexistant (à voir dans un prochain article) !

L’assurance

Pour l’assurance il faut « magasiner » sur Internet et faire quelques « soumissions » (devis). Une fois le choix effectué téléphoner pour finaliser le contrat. Compte tenu de l’age et de l’état de la voiture une formule simple s’imposait ! Donc pour 90 $ à l’année nous avions la couverture minimale.

Le carburant

Comme l’a signalé Isabelle dans son article le diésel n’est pas très développé. Inutile de s’adonner (comme en France) à la chasse à la station la plus économique … le prix de l’essence est quasiment le même dans toute la région de Québec ! Il vous sera parfois possible d’obtenir une ristourne en faisant vos achats à IGA ou en prenant une carte de client comme à Costco ou Canadian Tire. Le prix fluctue aussi en fonction du marché pétrolier et des circonstances (départs en vacances) !!

Le stationnement

 stationnement-3

Une fois le véhicule acheté il faut pouvoir le stationner. Et c’est là que les difficultés commencent … sauf si vous êtes propriétaire d’une maison ou d’un condominium avec parking ! Pour pouvoir stationner aux alentours de mon lieu de travail il faut s’inscrire sur une liste d’attente qui peut s’éterniser plus de deux ans ! La mission est terminée quand vous obtenez votre emplacement ! Dans l’immeuble que nous habitions il y avait des places en sous-sol mais à 60 $ par mois … Le parking public à 18 $ la journée …

stationnement-2

 Ne restait que la vignette à 75 $ l’année pour stationner dans un périmètre défini. Quinze minutes au bureau d’arrondissement et le tour était joué.  Prévoir une solution de replis les nuits de déneigement.

 

 stationnement-1

 Attention de bien respecter la réglementation (lire attentivement les panneaux) … une petite facturette apposée sur le pare-brise est vite arrivée … de 45 $ à plus de 250 $ selon l’infraction (vu sur un camping-car dans une zone à vignette un soir de FEQ) !! Il peut même vous advenir d’avoir à marcher pour récupérer votre véhicule … enlevé par les services municipaux !!

 

Le déneigement

deneigement-2La ville après chaque grosse chute de neige procède à son enlèvement. Pour ce faire des lumières oranges clignotent dans les rues qui vont être traitées. Il faut alors déplacer son véhicule (au risque de le voir enlevé). Les premières fois le spectacle est magique (avec les différents engins) et l’activité amusante. On prend sa pelle et son seau et comme si on allait à la plage on va nettoyer la voiture pour la garer un peu plus loin ! Mais quand on a du répéter l’opération trois fois dans la même semaine cela devient nettement moins rigolo !!

 ph_deneigement

Petite précision sur le déneigement : pour pouvoir évacuer la neige sur votre place de parking (propriétaire) il faut avoir un contrat avec une société ou payer une vignette à la ville qui autorise le dépôt de la neige sur la rue avant son ramassage par les engins !!

 

L’entretien

Le climat rigoureux de Québec a un impact non négligeable sur le coût d’entretien du véhicule. Avec la neige, le sable et le sel, le « char » est exposé rapidement à la rouille. Cela se traduit par des trous dans le bas de caisse et pour nous par la perte du pot d’échappement, une fuite du tuyau de remplissage du carburant et le décrochage du réservoir (barres de support rongées) !

pneuhiver

Autre petite contrainte légale découlant du climat : les pneus neige ! Ils sont obligatoires du 15 décembre au 15 mars inclus. Notre véhicule était vendu avec le jeu de 4 roues de rechange. Nous n’avons eu à débourser que le remplacement de 2 pneus usés (quand même 300 $). Il est possible de faire monter et démonter les pneus au début et à la fin de la période mais la solution la plus pratique est d’acheter 4 jantes et de monter les pneus d’hiver dessus. Le passage d’un jeu de roues à l’autre ne vous coutant que de l’huile de coude ! Mais l’investissement de départ est conséquent !

Attirons ici votre attention sur les petites pannes imbéciles qui surviennent pour le français ‘fraichement’ débarqué ! La batterie qui se vide parce que vous avez oublié de fermer une porte ou d’éteindre un appareil de radio. Avec -20˚ inutile de vous préciser que la voiture ne pourra pas démarrer avec une batterie diminuée. De même si vous amenez votre véhicule au garage pour la révision d’hiver et qu’il oubli de resserrer les cosses après les avoir brossées …

Encore plus « niaiseux » : c’est le soir vous rentrez à la maison, la jauge vient de s’allumer, trop tard pour repartir faire de l’essence, vous garez la voiture dans une petite rue en pente. Le matin impossible de démarrer …

Avec l’expérience précédente on vérifie d’abord la batterie … elle est neuve ! La jauge s’est allumée, il manque de l’essence. On va chercher un bidon de 5 litres pour faire l’appoint. Rien ! C’est un véhicule à boite automatique, impossible de mettre en 2nde et de partir dans la pente … il faut se résoudre à appeler la dépanneuse (50 piastres de perdus) ! Appel de l’atelier de mécanique … la voiture n’a rien c’est une panne d’essence ! En fait la pompe à essence se trouve à l’arrière du véhicule dans le fond du réservoir … la pente ne permet plus l’alimentation et c’est la panne (50 $ de plus pour le garage) !!!

L’équipement

balaineige     grattoirneige     premiersecour     laveglace     dossard  cablesurvoltage

De vos expériences d’automobiliste néo-Québécois va découler une liste de menus (ou moins menus) objets à toujours avoir dans le véhicule. Rien d’obligatoire (sauf les pneus d’hiver) seulement fortement recommandé pour parer au maximum d’éventualités … ne perdez pas de vue le climat !!! Je cite pêle-mêle : une pelle, un balai à neige, un grattoir, des câbles de survoltage, une boite d’ampoules, des gants, du liquide lave glace (antigel), un bidon d’essence, une couverture de survie et des vêtements chauds, un dossard réfléchissant, une trousse de premiers soins, une torche, petit outillage (marteau, tournevis, clés) …

A cela on peut ajouter les 4 roues pour l’hiver (déjà mentionné), les essuie glace spécial froid, un booster de batterie, un chauffe moteur …

roueshiver        survolteur       chauffemoteur

Lors de l’achat du véhicule le vendeur ne l’avait pas mentionné comme étant présent. Un soir que je m’étais appuyé sur la télécommande de fermeture des portes quelle ne fut pas ma surprise d’entendre la voiture démarrer !! Il y avait un démarrage à distance. La première réflexion a été : « c’est quoi ce gadget ! ». A l’usage cela s’avère finalement assez pratique surtout les matins ou il fait très froid … la voiture chauffe pendant que vous finissez de vous préparer !! 

Dernière petite chose ! La carte CAA. Elle peut moyennant une petite cotisation annuelle vous sauver quelques dollars en cas de panne ou réparations (vous êtes toujours « niaiseux » mais gratuitement !).

Le remisage (casse)

Après un peu plus d’un an de bons et loyaux services la voiture a rendu l’âme. Plus exactement le garage nous a conseillé de nous débarrasser du véhicule devenu dangereux, le coût de la remise en état représentant au bas mot quatre fois le prix d’achat !! Entre autres la suspension avant qui menaçait de passer à travers la carrosserie rongée par la rouille !! Il existe un organisme au Québec qui recycle les voitures : l’ARPAC. En allant sur leur site on fait évaluer le véhicule à reprendre (au poids) et si on est d’accord sur le prix donné il suffit de prendre rendez-vous avec le garage indiqué. Si le véhicule roule encore on va le déposer sinon le garage vient le chercher. Pour notre « monospace » on nous a donné 267 $ (moins 50 $ pour le remorquage) !