8 bonnes raisons d’étudier et de vivre dans la région de Québec (II)

Catégorie À manger, À voir, Bouger, Sortir, Style de vie à Québec Date 10/02/2018

Écrit parChristian Djoko

La suite et fin de mon billet précédent….

5) Un havre de paix

Selon les dernières statistiques, Québec est la province où le taux de criminalité est la moins élevée au Canada. On y constate depuis au moins l’an 2000, une baisse constance et soutenue du taux de criminalité. Plus singulièrement, la ville de Québec affichait en 2016 l’indice de gravité des crimes (IGC) le plus bas au pays. Certes, de nombreux évènements tragiques et médiatiques peuvent parfois donner un sentiment d’insécurité grandissant dans la ville la région de Québec, mais il n’en est rien. Au-delà des chiffres, je dois avouer que je n’ai jamais éprouvé un quelconque sentiment d’insécurité en marchant dans les rues de Québec (jour et nuit). Autant vous dire que le sentiment de sécurité qui m’anime dans cette région participe également de mon attachement à son égard.

6) Une nature en partage

Vivre dans la région de Québec, c’est assurément faire l’expérience d’une de nature qui se donne en partage. Cette nature un peu sauvage, quelque fois foisonnante et très souvent changeante, offre au fil des saisons un spectacle infiniment grand et singulièrement petit. Aux bulbes (tulipes, narcisses, Jacinthes, scilles, crocus, etc.) qui émergent du sol au printemps et exhibent un feuillage de plus en plus persistant, au lourd couvert végétal d’été agrémenté de mille vivaces d’insectes et d’autant de sentiers pédestres, aux festivals de couleurs d’automne où l’harmonie visuelle créée une palette de tendresse, succède un air empli des effluves de neiges et de givre.

Je suis toujours subjugué par cette nature qui s’amuse tout au long de l’année sans jamais cesser de procurer des émotions vives et des souvenirs mémorables. J’aime surtout le petit vert tendre printanier qui enveloppe la région pour prendre fin, l’automne venu, dans une kermesse de couleurs. C’est le moment propice pour les rêveries solitaires, les promenades nocturnes, les randonnées amoureuses et les lectures poétiques d’une nature qui se donne généreusement en partage. C’est aussi le moment où le flâneur que je suis redécouvre l’extraordinaire végétation urbaine de Québec.

En effet, l’architecture empreinte d’histoire multiséculaire de la région se marie très bien à la nature environnante. La présence imposante du roc et de la pierre à Levis comme à Québec s’accorde malgré tout à l’immense tissu végétal qui recouvre la région. Les ruelles et les grandes artères de la trame urbaine sont remplies d’arbustes, d’aménagements horticoles discrets et de fleurs aux odeurs enivrantes. Dès lors, difficile de ne pas tomber sous le charme de ces nombreux parcs boisés parsemés de bancs invitants, de ces jardins de bulbes, de ces bouquets lumineux et de ces arbrisseaux qui surgissent au détour d’une rue ou par-delà les grilles de fers des propriétés et embellissent les abords de nombreux bâtiments administratifs.

L’âme de la région tient largement dans sa relation avec la nature….pour mon plus grand plaisir. 

7) Un bouillon de cultures

En 2016 la ville de Québec a été couronnée ville culturelle de l’année par la Leading Culture Destinations Awards, une organisation londonienne qui fait la promotion des meilleurs établissements et destinations culturels à travers le monde. Cette récompense est à la mesure de l’effervescence culturelle que caractérise la région de Québec. Hormis son célèbre festival d’été, son incontournable Carnaval d’hiver et ses magnifiques musées de réputation mondiale, la région est un incubateur pour de nombreux projets culturels comme le très jeune festival du film de la ville de Québec ou encore Découvrir ma cité. C’est un programme de visites guidées des principaux sites patrimoniaux de la ville de Québec, spécialement conçu par Robinson Ngametche pour les nouveaux arrivants. Quelle brillante idée que de vouloir faciliter l’intégration des nouveaux arrivants à travers le patrimoine, l’art et la culture!

Cela dit, la région de Québec a aussi la particularité d’être une véritable pépinière artistique. Elle a révélé de nombreux artistes de talents comme mon amie Valérie Thomas, Karim Ouellet, Bustamej  ou encore Webster, ce rappeur originaire de Limoilou dont le « flow » est aussi percutant que son engagement social.

Mais ce qui par-dessus tout me frappe et me maintient culturellement captif de cette région, c’est la rencontre permanente entre l’humain, la passion et l’art. Ici, de nombreux artistes témoignent de cet autre triptyque, de cet investissement patient, passionnel, exigent et généreux qui fait l’insigne particularité des plus grands chefs-d’œuvre. Pour mon plus grand plaisir culino-musical, brassicole, artisanal et j’en passe, Québec semble résister à la tyrannie des produits standardisés et homogénéisés Made in USA. Ici, chaque production artistique respire une vie, une empreinte, une histoire singulière, une émotion particulière. Ce côté atypique, cette fabrique culturel si distinctive de Québec rehausse l’éclat d’une région qui ne manquait déjà pas de splendeur.

8) Entre identité et Hybridité culturelle

Enfin, il n’échappera à personne qui séjourne à Québec et au Québec en général que la question identitaire n’est jamais très loin de l’actualité. Elle revient constamment, au détour d’une élection ou d’un fait divers alimenter la conversation nationale. Pour le passionné des questions d’identité, de laïcité et de vivre ensemble que je suis, le Québec représente de ce fait un immense laboratoire vivant d’analyses. Bien plus que toutes les autres régions administratives du Québec, la région de Québec est en proie à une gestation identitaire qui masque constamment une hybridité culturelle de plus en plus grande et énergisante.

En effet, la région se distingue du Canada anglais par son « européanité » (qui le rapproche de la France), de l’Europe par son « américanité » (qui le rapproche des États-Unis) et des États-Unis par sa « nordicité » (qui le rapproche du Canada anglais) et des trois ensemble par son progressisme sociale (qui le rapproche des pays scandinaves). Comme le soulignait à juste titre le sociologue Québécois d’origine argentine Victor Armony, c’est tout un défi que de comprendre ce jeu d’identification et de différentiation culturelle extrêmement complexe. C’est aussi ce qui de mon point de vue, constitue une partie de son charme.

Certains doivent me trouver dithyrambique à l’égard de cette région. Je vous l’accorde bien volontiers. Mais vous savez comme moi que lorsqu’on aime, on devient quelques fois aveugle. (rires)