Pourquoi tout recommencer à Québec à 40 ans ?

Date 01/03/2014

Écrit parIsabelle Toussaint

Si il y a quelques années, quelqu’un m’avait prédit que nous vivrions à Québec en 2014, je ne l’aurais pas cru et pourtant … 

  Une vie stable 

En effet, notre vie était stable et bien ancrée en Belgique.  Chacun d’entre nous avait ses occupations :

  • Notre petite fille commençait ses primaires.  Elle avait ses amis, ses activités après l’école (danse, gym, équitation)
  • Mon mari après avoir travaillé une dizaine d’années pour un géant de l’informatique, s’était installé à son compte et les contrats défilaient.  Il jouait au Basketball pendant son temps libre.
  • Je travaillais depuis plus de 15 ans, à Bruxelles, pour une société multinationale dans le domaine verrier.  Je m’occupais de ma fille, de mes chiens, et je terminais de décorer notre maison.   Je m’impliquais aussi dans la vie du village, de l’école.

Nous avions du travail, une vie sociale et une bonne santé.

Et puis, un jour, ce bel équilibre a basculé : décès, accident, maladie … Des aléas de la vie qui nous ont fait réfléchir, remettre en question.  A 40 ans, nous étions arrivés à un tournant de notre vie … nous voulions autre chose, mais nous ne savions pas vraiment quoi. 

 Les signes

Vivre au Québec, à Québec, n’était pas un rêve de toujours, comme chez certaines personnes mais cette idée s’est doucement imposée à nous, à notre famille.  Et je dirais, avec le recul, qu’il y a des signes qui ne trompent pas.   

  • Grâce à nos métiers respectifs, nous avions pu voyager assez bien : de la Russie aux États-Unis, en passant par l’Europe centrale et le Canada, pour terminer par l’Angleterre et l’Allemagne.  Ces voyages étaient à chaque fois de courte durée, pour une mission professionnelle ou pour des vacances, mais très riches en rencontres et en ouverture sur le monde.
  •  Mon mari, ayant gouté au monde du travail anglo-saxon, n’arrivait plus vraiment à s’adapter au monde du travail en Europe.  Il voulait retrouver ce qui lui avait plu en Amérique du Nord et en Angleterre.  Il rêvait à une nouvelle carrière sur la côte ouest des États-Unis. 
  •  Pour ma part, j’avais travaillé pendant la plus grande partie de ma carrière avec des Québécois, qui vivait en Belgique ou au Québec.  J’avais pu faire quelques voyages d’affaires à Québec et découvrir la ville, ses alentours.  Et cela m’avait vraiment plu …
  • Notre première expérience des sports d’hiver en famille, s’est déroulée, en février 2010 à Québec.  Nous avions tous beaucoup aimé cette ville, qui nous rappelait beaucoup notre ville de Namur.

Un nouveau départ

Au printemps 2012, je me suis mise à la recherche d’un nouvel emploi.  En surfant sur le net, je suis tombée sur une annonce des Journées Québec à Bruxelles, www.journeesquebec.gouv.qc.ca.  Assez curieuse de nature, j’ai voulu en savoir plus.   Beaucoup d’offres d’emploi, en lien avec l’IT et la Finance, nous plaisaient …

Après réflexions et discussions en famille, le Québec était pour nous un bon compromis (à la belge) entre le Vieux Continent et l’Amérique du Nord, entre une morosité économique et une économie encore en marche, entre l’insécurité et le bien-être.  Cela permettrait aussi, à notre fille, une adaptation plus simple au niveau de la langue, le français.  Et puis, pourquoi pas …    

Après encore quelques clics, je nous avais inscrits, mon mari et moi.  Début juin, nous étions sélectionnés, et passions une journée remplie d’entretiens d’embauche, de rencontres et de discussions super enrichissantes.

Je n’ai pas décroché de travail, lors de cette journée, par contre mon mari a eu 3 propositions.

Début juillet, après quelques interviews via Skype, il signait son premier contrat avec une société 100% québécoise, recevait son CAQ.  Il allait commencer en septembre 2012, avec un permis de travail de 3 ans. 

Le compte à rebours pour ce nouveau départ était lancé. 

 

Nous nous donnions 2 à 3 mois pour écrire nos dernières lignes du chapitre sur notre vie en Belgique et commencer celui de notre vie au Québec. 

 A suivre : Comment avons-nous réussi ce défi osé ?