Pourquoi la lecture vous rendra meilleur leader!

Catégorie Style de vie à Québec Date 14/02/2018

Écrit parChristian Djoko

Souhaites-tu devenir un leader d’exception, un manager de talent ? Lis ce billet jusqu’au bout. Au pays de la « djokocité », c’est satisfait ou remboursé (rires).

Je reste toujours pantois devant toutes ces personnes qui nourrissent l’ambition de devenir de grands leaders ou managers tout en ne consacrant que très peu de temps à la lecture. Plusieurs personnes sont intimement convaincues que le fait d’avoir un « bon diplôme » (de préférence nord-américain), une multitude de certifications, foultitude de compétences, quelques années d’ancienneté et un bon réseau suffissent pour se hisser au sommet d’une organisation et devenir un leader exceptionnel.

S’il est vrai que les éléments susmentionnés participent de la construction d’un bon leadership fort, il n’en demeure pas moins que ceux-ci resteront nécessairement incomplets sans une place prépondérante accordée à la lecture. Autrement dit, s’il y a bien une chose qui fera de vous un meilleur leader ou manager, c’est bien la lecture. Les leaders sont des lecteurs. 

Entendons nous bien. Je ne parle pas du fanfaron qui, sans jamais prendre le temps d’ouvrir un bouquin affiche continuellement les premières de couverture sur Instagram pour épater la galerie et de se donner bonne presse. Il ne s’agit pas non plus d’être un addict-book (ce qui n’est pas mauvais en soi). Il est davantage question ici du lecteur qui se donne la peine de labourer continuellement l’étendue de son ignorance pour en faire un immense champ de connaissances plurielles et de cultures diverses.

En effet, la lecture enrichit le vocabulaire, nourrit l’attention profonde (en perte de vitesse à l’époque des réseaux sociaux), aiguise le jugement, repousse le champ de l’inculture, élargit la compréhension des enjeux du monde et améliore les capacités analytiques et délibératives.

Bien plus encore, la lecture nous rend humble devant l’immensité de ce qui vous reste à apprendre et sensible devant les erreurs involontaires de nos collègues. Elle donne surtout la capacité de se projeter dans l’avenir et de devenir ce que l’on espère toujours être. C’est une forme de justice ou de possibilité de rattrapage pour ceux et celles qui n’ont pas eu les conditions de départ favorables (pauvreté, maladie, mauvaise compagnie, etc.).

Ce dernier point me permet d’ailleurs de préciser un autre point essentiel de mon propos. J’entends souvent dire à mon  grand étonnement : « c’est un leader naturel ». Vraiment? Donc il existerait des gènes de naissance qui donneraient à certains plus qu’à d’autres des capacités managériales hors pair, lesquelles les prédestineraient d’ailleurs à un leadership exceptionnel? En attendant une démonstration robuste, je n’y crois pas une seule seconde.

Pour ma part, on ne naît pas leader, on le devient. La lecture plus que tout, aide à y parvenir. En faisant de vous des éternels apprenants en quête d’émerveillement devant de nouvelles découvertes, la lecture façonne la meilleure version de vous-même. C’est cela être un leader. Il ne s’agit pas de devenir meilleur qu’un autre mais de devenir chaque jour la meilleure version de vous-même. Le changement de perspective n’est pas mince, car une fois que vous apprivoiserez cette différence, vos rapports aux autres s’en trouveront nécessairement transformés. Vous sortirez de la concurrence malsaine pour entrer une conception de saine émulation. Vous ne lirez plus pour épater mais pour appâter, mieux encore, pour offrir le meilleur de vous-même. Croyez moi, la vie saura vous rétribuer généreusement.

D’ailleurs, observez la fascination (et parfois l’amour-haine, on se connaît ) qui vous habite lorsque vous êtes en présence d’une personne éloquente et cultivée! Dans le jargon de l’amour, il existe même un terme pour qualifier ces personnes là. On parle de sapio-sexuels. Je vous entends déjà dire: « comment fait-il pour arriver à ça? C’est quoi le lien? » (rires) Bien que cela ne soit pas sans lien dans mon entendement, je m’éloigne effectivement du sujet. (Rires)

Bref, la lecture disais-je, a le pouvoir de vous rendre plus entregent, plus convaincant …..et toujours plein de ressources épistémiques pour faire face aux situations toujours multiples et variées qui la vie de votre entreprise ou organisation. En réalité, la lecture c’est un peu comme la version « gratuite et améliorée » de ce qu’on valorise aujourd’hui en entreprises sous le vocable de formation continue. Peu importe l’étendue de votre projet professionnel ou de vos ambitions personnelles, elle a le potentiel d’actualiser vos connaissances et de vous donner plus d’assurance et plus de crédibilité dans vos différentes interventions. Car, qui dit leader dit lecture, qui dit lecture dit culture et qui dit culture dit aussi assurance. En vertu de cette corrélation, on est nécessairement mieux équipé pour relever les nouveaux défis ou opportunités qui peuvent de temps en temps s’ouvrir à nous. Qui plus est, on a même le loisir et le pouvoir sortir de sa zone de confort et de penser en dehors de la boîte. À ce niveau, je mets très explicitement le doigt ce qui rend le leader innovant, créatif et inspirant pour ses collaborateurs.

Ainsi, ne soyez pas surpris d’apprendre que les plus grands leaders et managers de la planète sont très souvent des adeptes de la lecture. Ce n’est pas seulement une question de « style » comme on dit au Cameroun ou d’esbroufe, c’est une véritable source d’inspiration continue. Une mise à jour permanente. Une fontaine de jouvence qui permet aux leaders et managers de rester en état de veille et d’éveil devant les mutations constantes de l’environnement dans lequel ils évoluent.

Cela dit, je suis toujours amusé de lire ou d’entendre les nouveaux coachs 2.0 en développement personnel de la pop-psychologie c-discount insister sur la forme (l’éloquence) et jamais sur le fond (la culture). Comme si de la forme sans le fond il pouvait émerger quelque chose de pertinent et de durable. Le fond c’est la forme qui remonte en surface, disait Victor Hugo. Si le fond est tapissé de vacuités, il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’à un alignement de phrases creuses, pompeuses et inconsistantes digne des plus grands sophistes. C’est ce que j’appelle l’effet barbe-à-Papa. Dites-vous bien qu’en agissant ainsi, vous réussirez peut être dans un laps de temps à épatez la galerie, mais vous ne parviendrez jamais à l’appâter dans la durée. Ici réside toute la différence entre un leader et un prestidigitateur. Pour l’un, la lecture est une activité de formation, d’information et d’émancipation pour le bien de l’entreprise ou de la collectivité et pour l’autre, une activité « d’impressionniste-narcissique» réalisée à des fins de roublardise.

Je suis toujours subjugué devant un leader éloquent et (surtout) cultivé. La recette ? Bah la lecture. « Qui veut aller loin ménage sa monture ». Toutefois, ai-je besoin de préciser que toute lecture n’est pas bonne ? Comme les fréquentations, il y en a de bonnes, mais aussi de mauvaises. Je préciserai immédiatement qu’en matière de lecture, il n’y a pas de porte d’entrée commune, ni de rythme standard et canonique valable pour toutes et tous. À chacun son couloir et ses ambitions. Un seul conseil: commencez toujours par un sujet qui vous passionne. C’est le visa pour un voyage passionnant et enrichissant.  Si c’est la bière, la tomate, le whisky, la poutine ou l’automobile qui retient constamment votre attention, commencez votre voyage par cet embarquement. Lisez à propos…. une lecture entraînant une autre, l’appétit ira en grandissant. Enfin, fixez-vous des objectifs de lecture réalistes et tâchez surtout de les respecter.

Si tu veux être un leader, un grand manager voire un simple citoyen éclairé, tu sais ce qui te reste à faire. D’ailleurs, le fait d’être parvenu au terme de ce billet, montre à suffisance que tu t’en donnes les moyens.( Rires) Bref, retiens une chose, leader et lecture, vont de pair. Ils sont indissociables. Bien entendu, c’est moins une question de causalité que de corrélation.

Alors satisfait? Devrais-je te rembourser pour le temps consacré à la lecture de ce billet? Ma sœur, ne me dit surtout pas que j’utilise trop de « gros mots », si j’écris en ghom’ala (ma langue maternelle) comprendras-tu quelque chose ? hahahaha. Bon, je m’en vais lire. La quête du leadership là ne laisse personne. (rires).

À bientôt.