La clé du succès à Québec : apprendre les règles et savoir saisir l’occasion

Date 20/06/2016

Écrit parTaylor Ireland

Dans mon premier article, j’ai parlé de mon arrivée dans la Capitale en tant que jeune Saskatchewanais avec, pour simple bagage, trois mots de vocabulaire français. Et me voici onze ans plus tard à la tête d’une entreprise de formation langagière prospère avec, à son bord, quelque 70 employés, dont plusieurs à temps plein.Vous ne me croirez certainement pas si je vous dis que le succès est chose facile. C’est vrai, le succès est rarement simple… À mes débuts, en fait, j’ai souvent eu envie de prendre les jambes à mon cou et retourner dans ma douce prairie, un peu comme le chantent les Guess Who, dans leur chanson à succès Runnin’ back to Saskatoon.

J’avais 29 ans quand l’entreprise de formation langagière pour laquelle je travaillais fut mise en vente. C’était en pleine crise du crédit en 2009. Aucune banque n’était disposée à prêter la somme nécessaire au jeune sans expérience que j’étais, moi qui était tout emballé à l’idée d’acquérir cette entreprise en grand besoin de restructuration. Je me suis donc tourné vers mon père, un fermier pragmatique, pour lui demander la somme nécessaire. Et puis j’ai plongé tête première dans l’aventure de l’entrepreneuriat à Québec. Depuis ce temps, j’ai entièrement remboursé mon prêt…

Ce qu’il faut savoir de cette belle ville, c’est qu’elle comporte des défis qui lui sont propres, certes, mais aussi des occasions d’affaires qui lui sont tout à fait uniques. Je ne suis qu’un entrepreneur parmi bien d’autres qui a appris, en venant ici, à accepter les règles du jeu et qui a réalisé qu’en bout de compte on peut tout aussi bien tirer son épingle du jeu là où la langue première n’est pas l’anglais. Nul besoin de leçons d’histoire pour comprendre que les lois qui régissent la langue au Québec ont été instituées pour protéger le français contre les fortes pressions linguistiques, culturelles et médiatiques venant de toute part, car on sait que le Québec est la seule entité française de l’hémisphère occidental. Je suis sensible à ce fait en tant que Canadien, mais aussi et surtout en tant que conjoint d’une Québécoise francophone. Je comprends aussi l’importance pour les Québécois de sauvegarder leur langue et leur culture, et je respecte ce fait.

À mes débuts à la tête de l’entreprise, je m’inquiétais de ne pas avoir d’associé francophone. Je croyais que cela nuirait à mon succès. Mais j’ai vite compris que la communauté locale d’entrepreneurs est tissée serrée. Alors, j’ai poursuivi mes cours de français, sachant que le fait de m’exprimer dans la langue de Molière me permettrait d’avancer sur le plan social et professionnel. Je me suis aussi impliqué dans la Jeune Chambre de commerce de Québec (JCCQ), un excellent outil de réseautage, surtout pour une entreprise langagière qui offre des cours d’anglais aux gens d’affaires. Je me souviens particulièrement de ma première séance d’accueil peu après avoir fait l’acquisition de l’entreprise.

Aucun visage ne m’était familier; j’étais tenté de m’esquiver, avant qu’un membre ne vienne pratiquement me prendre par la main et m’accueillir chaleureusement, puis me fasse ressentir toute la fierté de mon bon coup, surtout après avoir tout laissé derrière pour venir tenter ma chance à Québec. Cette rencontre avec Martin Roy, un conseiller financier avec qui je me suis depuis lié d’amitié, fut marquante. Son soutien et son encouragement sont arrivés juste à point.

La JCCQ est une des précieuses ressources de la ville. Je crois pouvoir affirmer sans me tromper que le gouvernement du Québec prend toutes les mesures nécessaires pour aider les PME, un secteur névralgique qui, de loin, crée le plus grand nombre d’emplois au Québec. De nombreuses agences québécoises offrent une gamme complète de subventions et de services pour soutenir les entreprises dans leur croissance. Un certain site Web présente même au-delà de 420 programmes!

Québec est totalement différente de Montréal. Pendant que ces deux villes se plaisent à se surpasser de façon cordiale, la géante métropole, qui héberge un important bassin de population anglophone, possède non moins un milieu d’affaires hautement concurrentiel et très largement saturé, tandis que sa capitale rivale offre un champ pratiquement ouvert qui regorge d’occasions d’affaires. On peut s’attendre à une forte croissance de la ville dans les prochaines années, ce qui en fait un terrain fertile pour les entrepreneurs intéressés.

En prenant connaissance des avantages qu’il y a d’y mener des affaires, on entrevoit très vite les nombreux autres trésors que recèle cette ville unique. Des choses toutes simples, comme la grande variété d’aliments de qualité – et si j’ose dire, le bas prix de la bonne bière, l’inimitable fromage en grains et les meilleures frites au monde! Mais pensons aussi au système de soins de santé de premier ordre et le système de garderies abordables, tout cela, payé à même les taxes, ni plus ni moins conformes au reste du Canada…

Enfin, dans les prochains épisodes de mon blogue, nous nous pencherons sur certains autres attraits…

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